[...] De 1.600
antennes Assedic ou ANPE, on passerait à 1.200. Mais "la couverture du
territoire ne sera pas moins bonne à la suite de la fusion" et "seuls
les sites géographiquement très rapprochés seront fusionnés", a récemment
assuré au Sénat le directeur général de l'ANPE Christian Charpy.
Selon plusieurs
sources syndicales, certaines directions régionales de l'ANPE, comme Nord-Pas
de Calais et Rhône-Alpes, ont déjà élaboré des scénarios d'implantations
géographiques.
"Le réseau
bruisse de rumeurs, mais seules quelques personnes ont ça entre les mains, et
rien ne filtre", souligne Loïc Barboux du syndicat FO-ANPE. [...]
A ce stade, élus
locaux et personnels concernés en sont réduits aux conjectures. Des délégués
syndicaux craignent que tous les points relais ANPE d'Ile-de-France ne ferment,
de même que certaines agences, afin de regrouper tout le monde dans des
antennes d'au moins une centaine d'agents.
Selon des
syndicalistes, en Ile-de-France, l'ANPE est locataire de 80% de ses
implantations et propriétaire de 20% des agences, mais la direction assure que
"ce n'est pas parce qu'on est locataire qu'on va forcément
déménager".
Juste avant Noël,
la sénatrice UMP Brigitte Bout (Nord-Pas-de-Calais) a posé la question en
commission des Affaires sociales, faisant observer que les chômeurs des zones
rurales devaient parfois effectuer de longs (et coûteux) trajets pour se rendre
dans une ANPE, et craignant la fermeture d'agences.
Les
collectivités territoriales sont d'autant plus inquiètes qu'elles ont été
tenues à l'écart de l'économie globale du projet. Ce choix a été jugé
"singulier" par la sénatrice UMP Catherine Procaccia (Val-de-Marne),
d'autant que l'Etat demandait aux élus locaux de se mobiliser et de créer des
Maisons de l'emploi, dont certaines sont maintenant remises en cause par le
gouvernement.
La
mairie PCF de Sevran (Seine-Saint-Denis) a ainsi récemment appris que le bail
de son point relais ANPE, implanté dans un quartier à fort taux de chômage,
allait être résilié, et a envoyé une lettre de protestation au préfet.
Dès
le lendemain, l'ANPE a corrigé le tir, affirmant ne plus vouloir déménager mais
seulement renégocier le bail, pour "ouvrir prochainement" de nouveaux
services pour les jeunes sans diplôme ou les chômeurs longue durée.
Mais "des
cas comme ça, il y en aura d'autres", a prédit une source proche du
dossier. (extraits dépêche Afp)
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