Le maire de Sevran dans le journal l'Humanité
Ghettoïsation, qui sont les responsables ?
Stéphane Gatignon est maire (PCF) de Sevran :
Qu’en est-il de la ghettoïsation à Sevran ?
Stéphane
Gatignon. La dégradation se généralise. Des quartiers entiers vieillissent mal
et la paupérisation se conjugue à un problème de circulation. Mais je ne
parlerais pas de « ghettoïsation », plutôt de « ségrégation
spatiale ». Ce ne sont pas encore des ghettos, ces quartiers bouchés sans
aucun espoir. Mais nous sommes à l’orée de ces phénomènes et si rien n’est
fait, tout cela va s’accélérer.
À qui la faute ?
Stéphane Gatignon. Aux politiques, aux urbanistes… Il y a
trente ans, on a construit des quartiers coupés du reste de la ville. Depuis,
la paupérisation a accentué cette ségrégation spatiale. Symbole du
désengagement de l’État, la politique de la ville a été un pansement sur une
jambe de bois.
Quid du communautarisme ?
Stéphane Gatignon. Les habitants viennent des quatre coins
du monde, ce sont donc des communautarismes. Face à l’absence de réponse
politique, beaucoup se réfugient dans la religion. On parle beaucoup de
l’intégrisme musulman dans les banlieues, mais actuellement, ce sont les sectes
protestantes qui se multiplient. Face à ces valeurs conservatrices, construire
une culture commune est essentielle.
Quelles sont les solutions ?
Stéphane Gatignon. Il faudrait des lois qui répartissent
mieux l’argent entre les collectivités. Dans les villes sans moyens financiers,
les marges de manoeuvre sont minces. La politique de l’ANRU (Agence nationale
pour la rénovation urbaine) a permis de reconstruire tout un tas de quartiers.
Mais des maires de droite s’en sont aussi servi pour virer la population
pauvre. Il faut une politique d’État fort pour réorganiser socialement
l’Île-de-France. L’Ouest parisien doit construire des logements sociaux pour
désenclaver les villes de l’Est. Le paradoxe est que l’Île-de-France est la première
région économique d’Europe… (source)
Ah l'argent...
Certes, il ne faut pas occulter cet aspect...
Mais là ne sont pas toutes les solutions...
Et si la réflexion était aussi ailleurs...dans une autre façon de voir les choses...
A imaginer une autre politique pour notre ville...
A écouter ceux qui savent...aulieu de les rejetter.
Rédigé par: Julien | le 10 septembre 2007 à 23h32