Le budget « rogné » signé par le préfet
LA VILLE de Sevran a enfin son budget. Il a été signé hier après-midi par le préfet suivant les recommandations de la chambre régionale des comptes. Une décision qui, pour autant, ne règle pas le fond du problème de cette ville de 50 000 habitants confrontée depuis des années à un déséquilibre structurel.
« Chaque année on reçoit 9 millions d'euros de moins qu'une ville de même importance que la nôtre, accuse le maire (PCF), Stéphane Gatignon. Actuellement, il nous manque 3 millions d'euros pour mener à bien nos projets. » Du fait de l'appauvrissement de la population, les recettes diminuent. L'endettement est élevé, l'autofinancement insuffisant et la municipalité ne peut guère jouer sur les taux d'imposition. Du coup, elle est contrainte d'avoir une gestion particulièrement serrée. Cette situation délicate dure depuis des années.
La ville réclame toujours une subvention de l'Etat
Le 30 mars dernier, les élus ont voté un budget primitif qui incluait dans les recettes les 3 millions d'euros demandés à l'Etat au titre de la DSU (dotation de solidarité urbaine) mais non accordés. Le préfet a refusé ce budget et saisi la chambre régionale des comptes. Celle-ci, dans sa délibération du 23 juin, a « constaté le déséquilibre réel du budget » et rectifié les crédits inscrits en recettes dans le budget de fonctionnement en retirant les fameux 3 millions d'euros. Pour rétablir l'équilibre de la section de fonctionnement, la chambre a rogné sur les dépenses en faisant des coupes sur les charges à caractère général et sur les charges de personnel. Des préconisations qui, pour la municipalité, « ne constituent pas une stratégie de redressement durable des finances locales ». Décidé à faire bouger les choses, Sevran a multiplié les actions : une pétition de 5 000 signatures a été remise le 17 juin dernier à l'Elysée par une délégation d'habitants, le maire a été reçu une semaine plus tard au ministère de la Cohésion sociale. Enfin, dans sa séance du 7 juillet*, le conseil municipal a demandé à l'Etat une subvention exceptionnelle de 2 millions d'euros pour tenter de sauver les finances de la ville. La demande a été relayée par le préfet auprès du ministère de l'Intérieur, sans résultat pour l'instant. (Article du Parisien du 5 août 2006)
[*Petite précision de MonSevran, ce conseil a eu lieu le 11 et non le 7 juillet car il n’y avait pas eu assez de conseillers municipaux pour voter ces décisions, Le Parisien nous pardonnera de rectifier]
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